Vladimir Nabokov, par Fabrice Lardreau

Contributeur(s) : Fabrice Lardreau (auteur)

Vladimir Nabokov est un maître assez paradoxal, tant ses passions me sont étrangères : les échecs, auxquels je n’ai jamais rien compris, et les lépidoptères. Ma fascination relève certainement d’un exotisme entaché de masochisme, d’une attraction des contraires… Je ne peux m’imaginer prenant un verre avec Nabokov au bar du Palace hôtel de Montreux, devisant sur Joyce : on ne tape pas sur l’épaule du maître, un cocktail à la main, en lui disant « j’aime beaucoup ce que vous faites ! »

Notre unique point d’accroche se situerait peut-être en Suisse… Passionné par la montagne, je puis, dans un moment de relâchement tout à fait impardonnable, rêver une randonnée avec l’auteur d’Ada, l’accompagnant par une belle journée d’été sur un sentier, un filet à papillons à la main, à la recherche de ses précieuses espèces. Vladimir et moi cheminerions enfin du même pas et, après plusieurs heures de marche silencieuse, ayant enjambé des torrents, franchi des cols, pique-niqué sur quelque rocher moussu, nous nous quitterions à la tombée du jour, au bord du lac Léman, lui, rejoignant sa suite au sixième étage, moi, la petite pension exigüe au lit déglingué, en périphérie de Montreux.

L'auteur :

Aussi banal que cela puisse paraître, Vladimir Nabokov m’a appris à (réellement) lire, c’est-à-dire à savourer toute la beauté, toutes les dimensions possibles contenues dans une œuvre littéraire.

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