Questions à...

Photographie : Catherine BONAMY

1958-Attente en famille
Le jour de lancement de bateau, le port urbain de La Ciotat, mêlant activités de pêche et industrie lourde, réunissait en une communion locale la grande famille des Ciotadens. Pas un qui ne ratait ce rendez-vous ! La joie collégiale débordait dans chaque ruelle et l’affluence méritait que l’on se lève tôt pour être aux premières loges du spectacle.

Photographie : Louis SCIARLI

1962-Lancement d’un pétrolier
Rassemblements de toute la population admirative du savoir-faire local, les lancements de bateaux avec leurs marraines célèbres étaient le spectacle incontournable, deux à trois fois par an. Les 244 mètres de long du Sea Sapphire ont baigné le port de la vague mythique, au son des cloches, de la sirène et des ovations de la foule.

Photographie : Louis SCIARLI

1970 - Les Chantiers Navals de La Ciotat
La vocation de la construction navale est une histoire qui fait date à La Ciotat. A l’âge d’or des C.N.C., il y avait jusqu’à huit bateaux (pétroliers, gaziers, porte-conteneurs, …) dans ce petit port urbain qui vivait au rythme des trois-huit.

Photographie : Louis SCIARLI

1980-Le site industriel de La Ciotat
Après l’âge d’or et le marasme des années 90, le site industriel et ses infrastructures dont le grand portique sont sauvegardés par la Sémidep. La formidable reconversion autour de la maintenance de la haute plaisance est un fleuron méditerranéen, bordé d’un site naturel exceptionnel préservé par la création du Parc National des Calanques de Marseille.

Photographie : Louis SCIARLI

Gilberte Declarth

NOUVELLES LECTURES. -Quel est le sujet de votre livre ?

GILBERTE DECLARTH. -On sait bien qu’une vie peut basculer en quelques instants. L’héroïne de mon roman, Dolorès, porte le fruit d’un viol, et pourtant, elle a décidé de traquer le bonheur. Elle accorde le pardon au violeur qui devient son mari, le « papa ». Malgré tout son courage et tout son amour, la puissance dévastatrice de ce secret familial va devenir violence familiale. C’est alors que Dolorès doit repenser la situation, réorienter « ses filigranes », c’est-à-dire les fils conducteurs qu’elle se trace, comme des chemins psychiques qui dirigent sa vie et qui l’aident à atteindre ses objectifs de bonheur.

NOUVELLES LECTURES. -Pourquoi avoir choisi ce thème ?

GILBERTE DECLARTH. -Selon moi, l’être humain détient des forces phénoménales. Quand j’étais enfant, je le vérifiais chez les grandes personnes. Et plus tard, j’ai été impressionnée par le vécu de certaines personnes au destin qui aurait pu virer au tragique, ou dont le quotidien était désastreux, et qui s’en sortaient magnifiquement. Cette détresse, qui parait devoir tout emporter sur son passage ne gagne pas au final. C’est la victoire de Dolorès sur l’adversité – histoire pour partie vraie – qui me séduit au plus haut point.

NOUVELLES LECTURES. -La Provence et plus particulièrement la ville de La Ciotat servent de cadre à votre roman. Ces lieux ont-ils marqué vos personnages ?

GILBERTE DECLARTH. – Incontestablement. Je dirai qu’il y a en plus les évènements locaux : la guerre avec le collaborationnisme de Gabriel ; les intempéries en 1940-41 avec la ruine du père Toche. Plus positivement, je pense que c’est la fermeture des Chantiers Navals de La Ciotat qui a fait réagir la timide Dolorès. Et votre question m’amène à penser que cette terre d’accueil – à mi-chemin entre Espagne et Italie – a été le théâtre idéal dans la construction de mes personnages issus de l’immigration.

NOUVELLES LECTURES. -Qui êtes-vous ? Pourquoi écrivez-vous ?

GILBERTE DECLARTH. – Dans ma vie, tout semble m’avoir rapprochée des écrits et des êtres, du monde des idées et de la profondeur des âmes. La graphologie, que j’ai étudiée par curiosité et plaisir, m’a enrichie. L’évidence d’écrire pour moi vient sans doute aussi de ce puits sans fond qu’est l’imaginaire, et de l’amour des mots. Au-delà de cette passion d’écrire, j’aime l’accueil du lecteur, les « interprétations plurielles du liseur » avec sa subjectivité et son appropriation. En cela, je suis dépossédée et heureuse.