À propos de...

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Photo : DR

Franz-Olivier Giesbert

Un extrait du Duetto Julien Green :
« Malgré les apparences qui pouvaient être trompeuses, Julien Green n’a jamais été dans la pose, à sculpter un personnage pour les siècles futurs. Il ne le faisait pas exprès, il avait la beauté du diable et une élégance innée. Né avec le siècle, il garda jusqu’au bout, même quand l’âge vint, une allure, une grâce et un charisme incomparables. On peut écrire de lui ce qu’il disait à propos de Jacques Maritain : « Quand il entrait dans une pièce, il faisait beau. »
Malgré les apparences encore, Julien Green était tout le contraire de l’écrivain assis et officiel, au point de regretter d’avoir cédé à la fièvre verte qui l’amena Quai Conti dans le fauteuil de François Mauriac dont il adorait la femme, Jeanne. Saisi par une pulsion sulpicienne, il tenta bien de démissionner de l’Académie française mais quand on est Immortel, c’est pour la vie…
Alors qu’il était nonagénaire, il se battit pendant des mois comme un diable pour revenir dans le monde des mortels, mais la cause était perdue : Maurice Druon, le secrétaire perpétuel, refusait de le laisser s’esbigner, c’eut été contraire au règlement de l’institution. « Mon élection à l’Académie française est la plus grande erreur de ma vie, disait Julien Green. Je n’ai rien à y faire. »