À propos de...

Eric Neirynck

Un extrait du Duetto Louis-Ferdinand Céline :

« Voyage au bout de la nuit… Ma première vraie grosse claque de lecture. Enfin des mots qui m’ont touché. Pas un ramassis de phrases, de pages inutiles pour raconter une histoire banale. Du plaisir à l’état pur.

Une véritable révélation ! Réussir un tel nettoyage de mon horizon littéraire avec un seul livre, je dis respect. Je sentis qu’une d’histoire d’amour entre moi et cet auteur venait de naître.

Voyage au bout de la nuit… Quelle aventure humaine pour le jeune rebelle follement épris de liberté que j’étais à l’époque.

Grâce à ce livre, j’ai voyagé en Afrique et ai découvert la vie d’un dispensaire du début du siècle passé. Je suis parti à New York, ville où je me rendrais bien des années plus tard et où les mots de l’auteur m’accompagneraient tout au long de mon court périple dans Big Apple.

« Figurez-vous qu’elle était debout leur ville, absolument droite. New York c’est une ville debout. On en avait déjà vu nous des villes bien sûr, et des belles encore, et des ports et des fameux mêmes. Mais chez nous, n’est-ce pas, elles sont couchées les villes, au bord de la mer ou sur les fleuves, elles s’allongent sur le paysage, elles attendent le voyageur, tandis que celle-là l’Américaine, elle ne se pâmait pas, non, elle se tenait bien raide, là, pas baisante du tout, raide à faire peur. »

La guerre, la grande, celle que naïvement on appelait la der des ders et son cortège de fierté, d’héroïsme et de bêtise humaine.

« Oh ! Vous êtes donc tout à fait lâche, Ferdinand ! Vous êtes répugnant comme un rat…

– Oui, tout à fait lâche, Lola, je refuse la guerre et tout ce qu’il y a dedans… »

Le départ vers le front la fleur au fusil, l’insouciance, l’inconscience de la jeunesse… Et puis la réalité. La triste réalité de l’être humain. La mort, l’horreur absolue qui fera de l’auteur un pacifiste convaincu.

« Je refuse la guerre et tout ce qu’il y a dedans. Je ne la déplore pas moi… Je ne me résigne pas moi… Je la refuse tout net avec tous les hommes qu’elle contient, je ne veux rien avoir à faire avec eux, avec elle. Seraient-ils 995 même et moi tout seul, c’est eux qui ont tort et c’est moi qui ai raison car je suis le seul à savoir ce que je veux : je ne veux plus mourir. »

A propos du Duetto Louis-Ferdinand Céline :

“C’est une lettre d’amour écrite dans une langue à la fois simple et puissante. Il fallait oser s’attaquer à ce monument de la littérature. Éric Neirynck relève la gageure d’ajouter de nouveaux mots à tout ce qui a été écrit sur Céline. Son texte, d’une totale sincérité, fait mouche et touche le lecteur.”

Philippe Lacoche.

“Avec beaucoup de talent Eric Neirynck nous contamine : lire ou relire Céline, incontournable !

Il nous fait comprendre que peu importe que l’on adhère ou pas à des idées, quand le style est à ce point une révélation, c’est uniquement lui qui l’emporte.”

Brigitte Ponthieu, La Toile cirée.

“Comment définir le choc d’une lecture ? comment comprendre qu’un lecteur déjà fervent puisse un jour être totalement bouleversé dans sa vie propre par la rencontre d’une oeuvre ? Le court hommage d’Eric Neirynck à Louis-Ferdinand Céline est la trace de ce choc, violent, vital, nécessaire, d’abord avec une langue (celle si travaillée de Céline qui donne naissance au roman moderne) et avec un personnage…”

Loïc Di Stefano, Le Salon Littéraire