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Antoine Gavory

Extrait du Duetto Sacha Guitry, par Antoine Gavory

« Quand il incarne Talleyrand, dans Le Diable boîteux, je me délecte de la filouterie du personnage qui a su traverser les régimes politiques et je ris de la bêtise humaine. Le sarcasme porté à un tel degré d’intelligence est admirable. Quand il dit : « Je n’aurais jamais épousé la fille de Molière ou celle de Fragonard – car je ne me serais pas reconnu le droit de faire des petits-fils à des hommes pareils.»

Être Français c’est aussi cela : l’esprit. Il y a eu Beaumarchais, Alphonse Allais, Alfred Jarry, Jules Renard et Guitry. L’art de manier le mot. L’art de sublimer la critique jusqu’à la rendre si drôle et si profonde qu’elle n’inspire que le rire.

Guitry disait d’ailleurs, et je partage entièrement cet avis : « Il faut être capable de perdre un ami pour un bon mot. » Ce à quoi j’ajouterais qu’un ami qui ne comprend pas un bon mot n’est pas vraiment un ami. Alors, autant se débarrasser de quelqu’un qui n’a pas d’esprit.

Si je devais résumer Sacha Guitry à un seul mot, je dirais exigence. Celle des mots, mais aussi celle des silences. Les miens et ceux des autres. Le silence des autres est parfois si bruyant. Alors que dire de leurs mots. Les silences font partie intégrante de l’écriture. Lucien Guitry, à une spectatrice venue le féliciter sur son texte en soulignant la grandeur de ses silences avait répondu « C’est normal, Madame, parce que les silences sont de moi ! » et Sacha avait un jour écrit : « Ô privilège du génie. Lorsqu’on vient d’entendre un morceau de Mozart, le silence qui lui succède est encore de lui. »

Je crois que tout était fait pour que Sacha Guitry et moi nous nous rencontrions. Et je ne serais pas étonné d’ailleurs qu’un jour, il frappât à ma porte. » A. G.

Faut-il croire aux signes ?

« C’est une journée où il me faut ne pas croire aux signes mais quand même… C’est ce week-end où Le Point met à l’honneur mon Duetto Sacha Guitry publié aux éditions Nouvelles Lectures, que je trouve cette édition originale de Si Versailles m’était conté accompagné de Si Versailles vous était conté, la transcription des émissions radiophoniques Raoul Solar, 1954, que je cherchais depuis environ 30 ans… Avec en prime cette publicité d’époque parfaitement neuve pour le prochain Guitry… Et tout cela chez Emmaüs à 10 km de chez moi…
Je ne crois pas toujours aux signes mais quand même… » A. G.